Soignez vos parents vieillissants



Notre population vieillit et les soins à donner à nos parents vieillissants sont de plus en plus complexes. Pourtant, les services manquent et c'est souvent à nous que revient la tâche de prendre soin d'eux. Si le coeur y est, le mental, lui, n'y arrive pas toujours.

par Catherine Giguère (madame.ca )

POUR EN SAVOIR PLUS
-  Fédération de l'âge d'or du Québec
-  Institut universitaire de gériatrie de Montréal
- autres

Notre population vieillit et les soins à donner à nos parents vieillissants sont de plus en plus complexes. Pourtant, les services manquent et c'est souvent à nous que revient la tâche de prendre soin d'eux. Si le coeur y est, le mental, lui, n'y arrive pas toujours.

Un virage ambulatoire qui a oublié nos parents âgés
Le virage ambulatoire fait en sorte qu'il faut donner à la maison des soins compliqués et complexes qui, avant, étaient administrés à l'hôpital. Or, si les jeunes guérissent plus vite à la maison, ce n'est pas le cas pour nos personnes âgées. Et ce qui n'aide pas, c'est que c'est souvent au conjoint âgé (souvent la femme) que revient cette tâche.
Conséquences:
· Le conjoint est vite dépassé par les événements et subit un stress très élevé.
· Le patient doit être hospitalisé à nouveau ou doit retourner à l'urgence.
· Les coûts engendrés sont énormes.

Cette situation demande à la famille de s'impliquer, un rôle souvent dévolu à la fille aînée si ce n'est pas possible pour le conjoint âgé. Pour ces aidantes familiales, le manque de ressources mène à des situations difficiles.
· Elles doivent souvent quitter leur emploi.
· Elles vivent de l'isolement.
· Elles font face à un fardeau énorme, ainsi qu'à une grande détresse tant physique que psychologique.
· Bref, on leur demande d'être de quasi-infirmières.

Phénomène nouveau, de plus en plus d'hommes seront appelés à devenir des «aidants familiaux». Les familles sont plus petites et on compte de nombreux fils uniques. Un projet de recherche est d'ailleurs mené en ce sens par Francine Ducharme, titulaire de la chaire en Soins infirmiers à la personne âgée et à la famille et professeure à la Faculté des sciences infirmières à l'Université de Montréal.

Chose certaine, il faut éventuellement envisager de placer nos parents en centre d'hébergement et de soins de longue durée (CHSLD). Et forcément, on se sent assaillie par la culpabilité. Il faut aussi apprendre à laisser à d'autres la tâche de prendre soin de nos parents et nous, à lâcher prise.

Heureusement, il y a moyen de bien traverser cette étape, nous dit Olivette Soucy, infirmière clinicienne à l'Institut universitaire de gériatrie de Montréal.
· Il faut accepter que nous ne sommes pas responsables de l'état de santé de nos parents.
· On doit accepter les limites physiques et mentales de nos parents et accepter aussi que ces limites iront en grandissant et que leur état ne s'améliorera pas.
· On doit reconnaître les compétences du personnel soignant et veiller à travailler en étroite collaboration avec lui.
· On se rappelle que le personnel soignant aime être considéré et reconnu: le travail accompli par ces personnes n'est pas toujours facile.
· Il y a une façon de faire nos demandes: mieux vaut établir le contact en disant: «Je sais que vous êtes occupés, mais pourriez-vous trouver dix minutes pour...»; ou encore offrir de donner un coup de main.

Et surtout, parler franchement à nos parents, même si on les croit séniles et incapables de comprendre. On les rassure en leur disant qu'ils seront beaucoup plus en sécurité dans un endroit où l'on dispense des soins 24 heures par jour.

Finalement, il ne faut pas hésiter à se joindre à des groupes de soutien, à lire sur le sujet et à se prévaloir des ressources disponibles. On arrivera ainsi à traverser cette étape importante de notre vie familiale.



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