Soignez
vos parents vieillissants
Cette situation demande à la famille de s'impliquer, un rôle souvent dévolu
à la fille aînée si ce n'est pas possible pour le conjoint âgé. Pour ces
aidantes familiales, le manque de ressources mène à des situations difficiles.
· Elles doivent souvent quitter leur emploi.
· Elles vivent de l'isolement.
· Elles font face à un fardeau énorme, ainsi qu'à une grande détresse tant
physique que psychologique.
· Bref, on leur demande d'être de quasi-infirmières.
Phénomène nouveau, de plus en plus d'hommes seront appelés à devenir des «aidants
familiaux». Les familles sont plus petites et on compte de nombreux fils
uniques. Un projet de recherche est d'ailleurs mené en ce sens par Francine
Ducharme, titulaire de la chaire en Soins infirmiers à la personne âgée et à
la famille et professeure à la Faculté des sciences infirmières à
l'Université de Montréal.
Chose certaine, il faut éventuellement envisager de placer nos parents en
centre d'hébergement et de soins de longue durée (CHSLD). Et forcément, on se
sent assaillie par la culpabilité. Il faut aussi apprendre à laisser à
d'autres la tâche de prendre soin de nos parents et nous, à lâcher prise.
Heureusement, il y a moyen de bien traverser cette étape, nous dit Olivette
Soucy, infirmière clinicienne à l'Institut universitaire de gériatrie de
Montréal.
· Il faut accepter que nous ne sommes pas responsables de l'état de santé de
nos parents.
· On doit accepter les limites physiques et mentales de nos parents et accepter
aussi que ces limites iront en grandissant et que leur état ne s'améliorera
pas.
· On doit reconnaître les compétences du personnel soignant et veiller à
travailler en étroite collaboration avec lui.
· On se rappelle que le personnel soignant aime être considéré et reconnu:
le travail accompli par ces personnes n'est pas toujours facile.
· Il y a une façon de faire nos demandes: mieux vaut établir le contact en
disant: «Je sais que vous êtes occupés, mais pourriez-vous trouver dix
minutes pour...»; ou encore offrir de donner un coup de main.
Et surtout, parler franchement à nos parents, même si on les croit séniles et
incapables de comprendre. On les rassure en leur disant qu'ils seront beaucoup
plus en sécurité dans un endroit où l'on dispense des soins 24 heures par
jour.
Finalement, il ne faut pas hésiter à se joindre à des groupes de soutien, à
lire sur le sujet et à se prévaloir des ressources disponibles. On arrivera
ainsi à traverser cette étape importante de notre vie familiale.