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               LE PÈLERIN

 



 

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ON REPART À NEUF

 

Communiqué du 03/07/04

Chers amis et parenté,

 

On repart à neuf! Non, non, mon projet n’est pas mort, bien au contraire, mes billets sont achetés. Quelle nouvelle excitation!

 

Voici mes coordonnées:

Départ de Mirabel par le vol Air Transat 118, le 9 août à 23h45

Arrivé à Nantes le 10 août à 12H10

Retour de Paris Charles de Gaule par le vol Air Transat 111, le 9 novembre à 11H55

Arrivé à Montréal P.E. Trudeau (anciennement Dorval) le même jour à 13H40

Imaginez-vous donc que mes billets d’avion qui m’avaient coûté $1200 la dernière fois et qui devaient me coûter autour de $1500 cette fois-ci, me coûtent que $720. Vous dire ma joie… Vive Air Transat!

 

Je m'en vais donc finir mon entraînement à Nantes chez mes amis français Bernard Hahusseau et Philippe Millet. J'arriverai le 16 août au Puy en Velay. Je prévois partir sur le chemin de Compostelle, qu'on nomme la  via Podiensis, le 18 août au matin après la messe de 7H00 (Ma conversion commencera peut-être là. Hum!). L’évêque du Puy tient à dire lui-même la Messe des pèlerins aussi souvent qu’il le peut. Messe suivie d’une prière au pied de la statue de saint Jacques achetée en 1990 pour offrir aux pèlerins un espace de rencontre sous le regard de l’apôtre. Ce temps de prière permet une première présentation rapide de ceux qui prennent le chemin, suivie d’une bénédiction et de la remise d’une médaille. On estime à environ un tiers le nombre de ces pèlerins qui atteindront Compostelle dans l’année ou plus tard . Serai-je de ce nombre?

 

Suis-je vraiment prêt ?

Communiqué du 02/08/04

Chers amis et parenté,

 

Déjà un mois de passé depuis mon dernier courriel. Plus que 7 jours avant mon départ. Suis-je vraiment prêt? Physiquement, sans le sac à dos, oui et beaucoup mieux qu’au mois d’avril passé; psychologiquement, peut-être pas autant que je le voudrais, mais il me reste une semaine à travailler cela.  Comme vous le savez déjà, je pars le 9 août pour Nantes, mais je n’y resterai que trois jours. Le 13 août, j’ai une chance extraordinaire, car Bernard Hahusseau, mon ami et mon parrain de pèlerinage, viendra me conduire au  Puy-en-Velay et il me fera visiter la ville. Petite randonnée d’environ 1000 km aller-retour pour lui. Hum! Amitié quand tu nous tiens! Le lendemain, le 15 août au matin, après la petite cérémonie à la cathédrale Notre-Dame, je partirai vers 8h00 pour Santiago de Compostela.

 

Je vous disais que psychologiquement, je ne me sentais pas totalement prêt… Je vous raconte deux petites anecdotes significatives de mon état d’âme, je crois… J'ai été cherché mes billets d'avion au centre ville, il y a 15 jours environ. Deux jours après, je me suis dit que je n'avais pas vérifié comme il faut toutes les informations que contenait l'enveloppe. Je me mets à chercher celle-ci. Je ne la trouve nulle part. Je vais même jusqu'à fouiller soigneusement l'automobile. Il est 23h45 et Lise et moi cherchons toujours mes billets. Comme je me souvenais d'avoir déposé quelque chose à la poubelle, Lise me dit que je les ai jetés sans m'en rendre compte. Alors je me suis dit que si j'ai vraiment fait cela, mon inconscient ne veut pas aller à Compostelle. Il me faut donc attendre au lendemain pour aller fouiller dans les sacs à ordures de 50 locataires de mon bloc qui déversent leur vidange dans la chute à déchet. Ce qui fut fait avec beaucoup de dignité et sous la surveillance enjouée de Jacqueline, la personne responsable de l'immeuble. Après quelques odeurs dont je ne vous ferai pas la description, je ne les trouve pas. Où sont mes billets? Je commence à trouver cela moins drôle. Lise qui trouve tout, qui a vraiment un don pour cela, me dit de retourner à l'auto, ce qu'elle m'avait déjà dit plusieurs fois avant. Je retourne bien malgré moi à l'auto pour ouvrir la valise arrière et en regardant dans  l'enveloppe de ma couverte de laine, j'y ai aperçu mes billets. Étrange, n'est-ce pas? Même si je l'avais soulevé à deux occasions auparavant, jamais la mémoire ne m'est revenue. En effet, j'avais placé mes billets à cet endroit pour ne pas me les faire voler puisque nous étions aller dans le Vieux-Port.

 

Cette semaine, on refait au silicone le contour du bain et comme il faut de 24 à 48 heures pour le séchage, je ne peux pas prendre ma douche. Alors, je prends un bain ce que je fais rarement. Pour me soulever de ma position assise, je dois faire attention de ne pas toucher le bord droit du bain. Je m'appuis donc davantage sur le côté gauche et je commence à me soulever. Et vlan! Ma main gauche se met à glisser et mes côtes atterrissent violemment sur le bord du bain. Ma réaction première est: je me suis cassé ou fêlé une côte, fin du voyage... Ma deuxième réaction est: je ne dis pas à Lise que je viens de chuté, car elle va me chicaner... Hi! Hi! Heureusement, je n'ai eu que des meurtrissures et deux nuits sans trop de sommeil. Est-ce que les dieux veulent que je fasse ce pèlerinage? … 

Avant-hier pour la première fois, j'ai mis tout mon matériel dans mon sac à dos avec deux litres d'eau (25 livres) et je suis parti. Petit choc psychologique. La démarche est beaucoup plus lourde et moins rapide. L'équilibre plus difficile à maintenir. L'effort physique, plus demandante. La vitesse de la marche ralentit. La demande musculaire se fait sentir au niveau des orteils et des cuisses. Mes premières réactions sont: on va laisser faire le 25 km de la première journée pour n’en faire que 15. Ha! Ha! Mais, après 1h45 de marche à travers mon petit boisé près de chez moi, mon sens d'équilibre s'ajuste, mon pas s'accélère et ce n'est pas si pire. Mais il faut prendre ça au sérieux. Le lendemain, pas de courbature ni maux de dos. C'est déjà ça de pris.

 

Normand le futur pèlerin inexpérimenté et qui cherche sa bonne étoile