Communiqué  


La Storta (Lazio, Italie), 1er octobre 2009

Bonjour,
 
A Montefiascone, nous sommes reçus par les Soeurs et nous prenons le repas chez-elles avec 2 prêtres du Gabon, conversation intéressante sur leur pays, un peu courte cependant, et une pèlerine, Veronica, une Anglaise de 71 ans qui vit à Paris depuis toujours en route pour Roma, mais elle a fait Vezeley (France) à Assisi d'abord puis complète maintenant de Bolsena à Roma. Elle complète donc ses 1700 km marchés depuis le 11 juillet, comme quoi tout est possible. C'est une pionnière de la Via Francigena l'ayant parcouru en 2000 de Canterbury en Angleterre sans les balisages ni les possibilités de logements d'aujourd'hui. Nous la revoyons par la suite jusqu'à Roma puisqu'elle fait les mêmes étapes que nous. C'est aussi la journée ou nous marchons seuls puisque nous nous sommes perdus de vue en foret au début. Cette journée à marcher sur la via Cassia Romana, la voie romaine antique est une expérience réjouissante quand on pense que ces pierres plates de forme irrégulière et bien polies sont encore bien en place après 2000 ans d'usage intensif, quels constructeurs de route ces Romains.
 
Nous marchons aussi plusieurs journées avec délice dans les vergers de noisetiers, c'est le temps de la récolte. Ailleurs, nous sommes dans les oliveraies. Un peu partout des figuiers orphelins nous gratifient de leurs succulents fruits muris juste à point, hum! La vue des troupeaux de moutons gardés par leur berger et les immenses chiens de berger blanc ravit le pèlerins qui n'a pas encore vu Roma de loin, même à 15 km du centre, l'humidité ou la pollution?
 
Les villes ou nous logeons sont toutes fortifiées et parfois inchangées depuis le Moyen-Age avec leurs rues étroites et leur site tout en hauteur. Tôt le matin nous déjeunons à l'italienne au bar avec une pâtisserie, ou deux, et un capuccino, puis nous descendons joyeusement reprendre la VF en général bien balisée. Cependant pas beaucoup de ruines romaines sur notre route, sauf l'amphithéâtre de Sutri creusé à même le roc et la nécropole, le cimetière, elle aussi creusée dans la falaise à coté.
 
Nous logeons généralement dans des monastères ou parfois des paroisses, mais nous avons aussi dormi dans un "container" aménagé à Ponte a Rigo, un croisement de routes. Plus on s'approche de Roma, moins les villes sont jolies, les centros (centri, en italien), et plus la circulation est dense sur les routes. Jusqu'à La Storta, une banlieue éloignée, nous bénéficions de petits chemins qui serpentent dans une campagne agricole encore magnifique ou apparaissent de plus en plus des villas cossus, toutes gardées par des hordes de chiens "jappeux", des gros et des petits.
 
L'avant-dernière journée de marche est la dernière de calme et de méditation bucolique, à partir d'ici c'est la ville en continu et la circulation dense. Encore aujourd'hui nous logeons chez les Soeurs, qui en Italie portent toutes le costume de leur congrégation, près de la via Cassia, la grand route qui se termine dans le centre de Roma. 
 
Encore 15 km pour arriver à destination, la Place Saint-Pierre de Rome dans la Cité du Vatican, demain...

Bonne journée!
 
Pierre