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Ah! le plaisir d'une douce caresse... qu'on la
donne ou qu'on la reçoive, le plus important c'est de ne pas oublier
qu'elle existe et de ne pas s'en priver.
Avons-nous oublié le sens du toucher?
Quand on parle de sexualité, le sens du toucher revêt une grande
importance. Toucher son partenaire, c'est un moyen de communiquer de la
tendresse et de l'amour. C'est transmettre son besoin d'intimité et de
rapprochement. Le toucher est une forme de communication en soi. La
sexualité ne se résume donc pas à la pénétration et à l'orgasme;
la sensualité et le toucher en sont également des aspects primordiaux.
Souvent, au début de leur relation, les partenaires se touchent et se
caressent fréquemment. Ils consacrent du temps à la sensualité, ils
apprennent à mieux se connaître et à s'apprécier. Cependant, quand
le couple est stable et que la période des premières fréquentations
est passée, il arrive que les caresses pour le seul plaisir des
caresses deviennent de plus en plus rares. Il est même possible que les
caresses soient de plus en plus limitées durant les relations sexuelles
qui finalement se résumeraient à la pénétration. Certains en
viennent à ne plus se toucher et se demandent alors pourquoi leur
sexualité est devenue monotone et insatisfaisante. Les caresses sont
parties prenantes de la sexualité et ne doivent pas avoir qu'une
connotation sexuelle. La sensualité par le toucher doit aussi exister
en dehors de la sexualité.
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Caresse-moi, rien de plus
On se méprend parfois sur nos désirs véritables, nos besoins
profonds. Ainsi, on peut simplement éprouver le désir d'être proche
de quelqu'un, d'être caressé tendrement par cette personne, d'être
touché par elle, mais on propose plutôt d'avoir une relation sexuelle.
Les risques de ressentir une grande insatisfaction se multiplient alors,
car nos besoins profonds n'ont pas été comblés. Et pourquoi? Parce
qu'on confond sexualité et toucher. Dans notre société, on pense à
tort que le toucher n'est possible, voire acceptable, que dans le
contexte d'une relation sexuelle. Il est devenu implicite qu'en
l'absence d'une telle relation, le toucher ne sert à rien. On a souvent
l'impression que nos gestes doivent absolument conduire à une relation
sexuelle, sans quoi l'expérience est incomplète.
Ai-je besoin de sexualité?
Lorsqu'on est convié à un repas composé de plusieurs services, est-ce
qu'on vise à en finir au plus vite avec les premiers plats pour avoir
le dessert? Bien sûr que non! On peut profiter de l'entrée et du mets
principal sans se précipiter sur le dessert. De même, en matière de
sexualité, on ne devrait pas se concentrer sur l'orgasme au détriment
des caresses et des «préliminaires». On peut même aller plus loin et
se poser la question: le dessert est-il toujours obligatoire ou peut-on
être rassasié et satisfait avec le plat principal seulement? Ou même
avec l'entrée simplement? Ces questions valent aussi en matière de
sensualité et de sexualité; il n'y a pas d'obligation à avoir une
relation sexuelle si notre besoin est d'être caressé.
Certains couples, pour qui le toucher est lié à la sexualité, se
privent de touchers sensuels, s'empêchent de se toucher mutuellement,
s'ils n'ont pas la certitude que l'expérience se terminera par une
relation sexuelle. Chez ces couples, qui associent toucher et sexualité,
l'absence d'une relation sexuelle empêche le toucher, ce qui peut avoir
un effet extrêmement négatif. Prenons, par exemple, le cas d'une
personne malade qui, en raison de son état physique, ne peut (ou ne
veut) pas avoir de relations sexuelles. Néanmoins, son besoin de
toucher et d'être touchée peut encore se manifester. Il est possible
qu'elle ait besoin du réconfort psychologique que procurent les
caresses pour l'aider à traverser la convalescence. Priver cette
personne de ce réconfort ne fait qu'ajouter à la difficulté qu'elle
vit déjà.
Finalement, il faut bien admettre que limiter le toucher à la sexualité,
c'est limiter les plaisirs que l'on peut ressentir. La sensualité
procure des plaisirs certains, même s'ils diffèrent du plaisir sexuel
proprement dit. Comme nous l'avons mentionné, il convient de ne pas
oublier que les touchers et les caresses sont aussi un aspect important
de la sexualité.
Il existe divers livres et exercices qui peuvent vous aider à améliorer
votre «coefficient de sensualité». Parlez-en à un sexologue; il
saura vous orienter et vous aider afin que cet aspect important de votre
vie vous procure une plus grande satisfaction.
M. Blanchette est sexologue clinicien et psychothérapeute. Il est
membre de l'Association des sexologues du Québec. Courriel : asq@qc.aira.com
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